Nous émerveillons-nous encore devant une graine de moutarde qui pousse?

image

Écouter le culte :

Chers frères et sœurs en Christ,
Chères auditrices,
Chers auditeurs,

L'évangile du jour nous propose deux courtes paraboles, ce qui accentue leur côté saisissant, toutes deux empruntées au monde agricole.

Des paraboles, il y en de toutes sortes : des paraboles extrêmement exigeantes et qui demandent beaucoup de la part des personnes qui les reçoivent ; pensez simplement à la parabole des talents où les protagonistes sont invités à les faire fructifier... et il n'est pas bon d'être de ceux qui enterrent le talent et le rendent au maître sans en avoir tiré des intérêts. Cette parabole des talents exige créativité et engagement. Mais il y a aussi des paraboles, comme celles d'aujourd'hui, qui viennent nous apaiser : le "Royaume des cieux" n’est pas à conquérir de haute lutte, ni même à mettre au monde au prix de gros efforts. Le Royaume, c’est-à-dire l’accès des êtres humains à leur humanité plénière, a en lui-même sa propre force, qui est la force même de la création.

Dans une culture d’efficacité comme la nôtre, de planification et de rendement immédiat, dans une culture où le contrôle sur tout est de première importance, cette parabole nous appelle à ne pas confondre la manière d’agir de Dieu et celle de notre société obsédée par le résultat.

Cette parabole nous est donnée d'abord pour nous étonner : la minuscule graine de moutarde, à peine un millimètre de diamètre, est capable de pousser en une demi-année pour devenir un arbuste de plus de 2 mètres de long. En un temps record, la toute petite graine devient un grand arbre dans lequel les oiseaux peuvent nicher! Il y a de quoi s'émerveiller ! C'est pourquoi Jésus raconte cette parabole de la graine de moutarde. Il veut émerveiller les êtres humains en leur proclamant : Dieu fait grandir ce qui, a priori, ne paie pas de mine. Le Royaume de Dieu débute très modestement, ici avec l'action d'un homme qui vient de Nazareth et dans un no man's land au bord du lac de Génésareth. Les débuts sont insignifiants, mais cela va changer la face du monde. C'est étonnant !

Une parabole sur l'étonnement et la reconnaissance
L'étonnement n'est pas seulement le commencement de la pensée théologique, mais aussi le bon terreau pour que grandisse la reconnaissance. Si, avec étonnement, je perçois quelque chose dont je ne peux m'expliquer l'existence, mon cœur se remplit de reconnaissance. Cela nous arrive lorsque nous nous étonnons des miracles de la nature ou lorsque nous voyons grandir nos enfants et petits-enfants. Cela nous arrive aussi devant l'inventivité de l'esprit humain. De l'étonnement naît la reconnaissance, c'est pourquoi la parabole de la graine de moutarde est une parabole sur l'étonnement et la reconnaissance.

Mais il y a plus encore : Jésus ne veut pas seulement nous inciter à nous émerveiller devant la croissance de la nature et à remercier Dieu, créateur de la vie. Jésus nous raconte cette parabole de la graine de moutarde aussi parce qu'elle éveille un espoir. Compte tenu du commencement extrêmement modeste de son action, Jésus veut mettre en nous l'espoir de ce Royaume de Dieu qui vient. Jésus espère que Dieu va faire fructifier ce qu'il a amené de bon et de salutaire pour notre monde. En quelque sorte, Jésus nous dit : "Ce qui commence petitement - avec peu de disciples qui me suivent, avec mes guérisons et mon enseignement, dans ce qui n'attire que peu de monde et qui n'est pas compris par tous, se trouve le germe d'une force puissante. Regardez-y de plus près : ce que je fais va changer le monde."
Jésus appelle ainsi à lui celles et ceux qui l'écoutent. C'est ainsi que sa parabole de la graine de moutarde est une parabole sur l'étonnement, le remerciement et l'espoir. Elle ouvre un formidable horizon d'espoir, l'espoir d'un Royaume de paix et de justice pour tout l'univers.

L'Église: une image de la graine de moutarde
Assurément, l'action de nos communautés peut parfois paraître aussi insignifiante qu'une graine de moutarde, et parfois nous doutons que le Royaume de Dieu puisse grandir ici. Malgré tout cela, malgré toute la peine que nous pouvons ressentir, le travail de nos communautés est appelé à grandir, comme la graine de moutarde dans la parabole de Jésus. Notre travail est placé dans l'horizon du Royaume de Dieu. Avec la parabole de la graine de moutarde, Jésus veut transformer notre regard: des difficultés chagrinantes de l'action de l'Église vers l'avenir promis par Dieu. Quoi que fassent nos communautés, quelles que soient les attentes, comblées ou déçues, que nous pouvons avoir, notre visée continuera à être l'avenir que Dieu promet à nos communautés. Notre travail en tant qu'Églises a lieu dans cette perspective de la promesse. Si tel est le cas, ne nous laissons donc pas prendre par la tristesse et le découragement que nous pourrions ressentir aujourd'hui. Si nous nous laissons porter par l'espoir, alors nous découvrirons des moyens pour faire germer cet espoir-là où nos communautés vivent, dans le cœur des personnes qui vivent autour de nous.
Ainsi, chaque personne qui trouve un chemin vers nos communautés est un signe d'espoir. Chaque contact que nos communautés établissent est un signe d'espoir. Grâce à tout cela, le Royaume de Dieu grandit ici ; d'une minuscule graine de moutarde, il devient un grand arbre qui offre un abri à de plus en plus de personnes.

La parabole de la graine de moutarde peut être lue comme une incitation à réapprendre l'étonnement et la reconnaissance. Étonnement et reconnaissance vis-à-vis de la nature et de sa capacité à se renouveler; étonnement et reconnaissance vis-à-vis des petites choses dans nos vies qui, contre toute attente, portent du fruit alors que nous n'y faisions même pas attention.
Dieu est surprenant ! Le savons-nous?Une célébration proposée par la paroisse catholique-chrétienne à Saint-Imier. Dans une perspective oecuménique, le culte protestant et la messe sur la RTS accueillent alternativement la communauté catholique chrétienne.
L’Église catholique-chrétienne est reconnue par l'État helvétique comme l'une des trois Églises nationales de Suisse. Elle s’est constituée comme alternative au catholicisme romain à la suite de la protestation de catholiques libéraux contre le dogme de l’infaillibilité pontificale et contre la volonté de la papauté, suite au premier Concile de 1870, de gérer l’Église catholique tout entière. Excommuniés par Rome, ces protestataires créent dès 1872 une organisation ecclésiastique propre qui permet d'introduire de larges réformes; libre choix de la confession alors obligatoire dans l'Église catholique, création d'un recueillement pénitentiel au début de la liturgie de la messe. Dès 1880, la célébration de la messe se déroule dans la langue de chaque pays, la communion est proposée aux fidèles sous les deux espèces du pain et du vin et l’obligation du célibat des prêtres est supprimée.

Détails

Église Saint-Paul
Co-célébrant
Organiste
Marie-Claire Charpilloz Vallat
Musiciens
Choeur de la paroisse de Bévilard, sous la direction de Philippe Fallot