Jésus décida fermement de se rendre à Jérusalem.

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Écouter le culte :

Jésus savait ce qu’il était en train de faire. Il a vécu une première partie de son ministère avec les paraboles, avec les guérisons, avec les prédications. Il était reconnu par les foules, les gens venaient chercher guérison et sagesse et, quelque part, Jésus aurait pu continuer comme ça. Mais il savait que son destin était à Jérusalem, destin de souffrance bien sûr, destin de crucifixion, mais destin aussi de résurrection pour lui et pour nous.

Jésus a vécu la transfiguration, le point central de son ministère. Il a été reconnu par son Père à l’instant du baptême et à l’instant de la transfiguration, comme il est reconnu de nouveau à l’instant de la Pâque. Maintenant, la deuxième partie de son ministère commence, et nous suivons Jésus à travers les chapitres 10 à 13 de l’évangile selon saint Luc.

Tout commence avec Jésus qui décide de se rendre fermement à Jérusalem.

Jérusalem, qui tue les prophètes.
Jérusalem, pleine de haine, de peur et de violence.
Jérusalem d’Hérode.
Jérusalem des pharisiens, des maîtres de la loi, des chefs prêtres. Toute l’opposition religieuse de Jésus.
Jérusalem, avec la présence de Rome.

Je trouve que Jésus avait un immense courage de s’y rendre. Je pense aussi que nous avons chacune et chacun notre Jérusalem personnelle. Dieu nous a placés dans un monde où parfois nous avons peur de tout ce qui se passe. Nous sommes horrifiés de vivre dans un monde plein de haine, de peur et de violence, avec les dictateurs, avec les gens qui utilisent la religion pour des fins politiques, pour augmenter leur pouvoir. Nous sommes dans un monde avec des dangers, des injustices, et c’est rassurant pour moi d’avoir comme maître un Jésus qui décide fermement de se rendre à Jérusalem. Cela m’aide à faire face aux personnes et aux choses qui me font peur dans ma propre vie.

Jésus sait qu’il va mourir ; il l’a déjà dit plus d’une fois. Non pas une mort naturelle, il sait qu’il va être tué inévitablement, tué injustement. Lui avait le courage de faire ça pour nous, et nous, nous ne sommes pas seulement spectateurs, nous ne sommes pas seulement dans les gradins ou devant le poste de télévision pour dire « Jésus, c’est fantastique qu’il ait fait ça pour nous », non, nous sommes impliqués, c’est à nous de voyager avec lui à travers nos propres vies et de faire face aux dangers et aux problèmes, tout comme notre Seigneur.

En route pour Jérusalem, Jésus a dû faire face à beaucoup de problèmes, à beaucoup de formes d’opposition.
L’opposition commence autour de sa personne. Pas l’opposition armée comme à Jérusalem, mais l’opposition encore plus profonde de l’incompréhension de ses disciples. Ils n’ont déjà rien compris pendant la transfiguration ; Pierre voulait construire trois tentes pour garder Moïse et Elie avec Jésus, au lieu de comprendre leur dialogue où Moïse et Elie savaient que Jésus allait accomplir sa mission en mourant à Jérusalem.
Quand Jésus annonce sa mort et sa résurrection, les disciples se disputent pour décider qui va le remplacer ! Jésus amène alors un petit enfant comme exemple pour les instruire. L’enfant est très important pour Jésus ; l’innocence, la confiance…

Et maintenant, Jacques et Jean ont envie d’anéantir un village samaritain avec le feu du ciel ! Jésus leur fait des reproches. C’est important pour nous, dans un monde multiculturel, d’être conscients de quelles sont nos relations avec nos voisins. Est-ce que, comme Satan, on a envie de les anéantir ? Il faut écouter, apprendre, vivre avec, vivre dans le calme en ayant de bonnes relations. Et c’est à nous de préserver cela comme l’héritage de notre Seigneur avec les Samaritains.
Ce qui est différent n’est pas ton ennemi.

Une partie des souffrances de Jésus, tourné fermement vers Jérusalem, était certainement une solitude grandissante, car il a dû vivre l’abandon et l’incompréhension de ses proches. Et à la fin, il est seul sur la croix, avec les criminels.

Jésus savait que, parmi les disciples, il y avait des indécis et des traîtres avec ceux qui n’arrivaient pas à comprendre, mais il dit : « Celui qui se met à labourer puis regarde en arrière est inutilisable pour le Royaume de Dieu. »
C’est vrai pour les disciples, c’est vrai aussi pour nous. D’une fois qu’on voyage avec le Seigneur, on n’a pas le droit de s’arrêter.
Les disciples ? C’est nous. Les moments d’illumination sont suivis par les moments de paresse, de doutes, de désengagement, d’abandon.

Jésus doit aussi faire face à l’opposition ouverte. Il y a des villes qui refusent de croire, il est accusé d’être Belzébuth, il est contesté par les pharisiens et les maîtres de la loi. Cette opposition est certainement pénible, mais probablement moins blessante que l’incompréhension de ses amis. Il sait qu’il est venu pour nous obliger à choisir, à changer de comportement. Il est donc la cause de divisions, de ruptures.

Et pour nous, puissions-nous comprendre que notre choix de suivre Jésus n’est pas une chose légère, mais un choix total de vie qui peut nous coûter cher. Jésus nous rassure : il déclarera devant les anges de Dieu que les chrétiens confessants lui appartiennent. Là où sont vos richesses, là aussi est votre cœur

Mais le voyage vers Jérusalem, vers la croix et la résurrection, n’est pas toujours triste ou sombre. Jésus se réjouit que Dieu ait révélé aux petits ce qu’il a caché aux sages. Il y a des moments de détente chez Marthe, des moments de prière, comme le Notre Père. Et pour nous, des moments de joie, comme ce culte ce matin.

Prions et réjouissons-nous avec Jésus.

Jésus avait aussi des moments d’agacement – la demande d'accomplir des miracles. Nous sommes tous capables de faire ça ! Nous demandons à Dieu de résoudre nos problèmes, souvent sans remerciements ! Souvent aussi sans avoir assez essayé par nous-mêmes.

Jésus demande notre cœur et nous fait avancer vers la résurrection, vers le Royaume.

Jésus demande notre cœur, mais aussi notre service ! Dans ces chapitres se trouve la plus grande des paraboles: la parabole du bon Samaritain. De nouveau, c’est une parabole contre le racisme. Mais il ne faut pas oublier que l’histoire commence avec une question au sujet de la vie éternelle. Le message est clair : notre Dieu nous traite comme nous traitons les autres. Notre foi n’est pas simplement la spiritualité ou la prière, mais aussi le service pratique, même et surtout dans des circonstances difficiles ou même dangereuses.

Suivons Jésus, tournés « fermement » vers Jérusalem !

La section de l’évangile fait une pause à la fin du chapitre 13. Il y a les pharisiens qui disent à Jésus : « Pars d’ici, va-t’en ailleurs, car Hérode veut te faire mourir. » Mais Jésus refuse de s’arrêter, il chasse les mauvais esprits, il opère des guérisons. Le voyage est courageux, mais aussi joyeux : « Il faut que je continue ma route aujourd’hui, demain et le jour suivant, car il ne convient pas qu’un prophète soit mis à mort ailleurs qu’à Jérusalem.

Allons avec notre maître !

Amen.

Jésus décida fermement de se rendre à Jérusalem. Fermement. Il n’était pas obligé. Il a vécu des souffrances, l’opposition, la haine, la fatigue, les trahisons et surtout l’incompréhension. Une fois tourné “fermement” vers Jérusalem, ses problèmes commencent tout suite, avec ses disciples racistes et violents.

Si les croyants à leur tour sont en route vers la résurrection avec Jésus, sont-ils capables de la même fermeté? Ou font-ils des compromis, des silences, en s'occupant par des distractions? Pour le pasteur William McComish, la vraie voie vers Jérusalem est souvent trop dure ....

Détails

Intervenants
Marc Jeanneret
Organiste
Thierry Gfeller
Musiciens