Quand Jésus s'invite

Temple du Brassus (©Giovanni-P, CC BY-SA 3.0 Wikimedia Commons)

Écouter le culte :

Première partie

Tojo Rakotoarison :

Jésus passe ce jour-là par la ville de Jéricho. Il la traverse comme il traverserait une autre ville ou un autre village. Autour de lui, une foule se rassemble, composée de disciples, d’admirateurs ou de curieux, et sûrement de toute une partie des habitants de la ville.

Mais alors qu’il marche, Jésus remarque un homme, juché sur un sycomore, un arbre de grande taille qu’on trouve dans cette région. Le Seigneur lève alors les yeux et lui adresse les mots que nous avons entendus : « Dépêche-toi de descendre, Zachée, car il faut que je loge chez toi aujourd’hui ! »

Pourquoi chez cet homme en particulier ce jour-là ? N’y avait-il pas assez de monde chez qui loger parmi ceux qui se sont rassemblés autour de lui ? N’y avait-il pas d’autre choix alors que Jésus est entouré d’une foule nombreuse et diverse ? Mais ce jour-là, c’est sur cet homme perché sur son sycomore que le regard de Jésus choisit de s’arrêter. Ce jour-là, c’est chez lui que Jésus logera : « Il faut que je loge chez toi aujourd’hui ! »

On peut souligner ici cette subtilité du texte grec : le « il faut » indique ici que cet instant est un moment décisif, un kairos comme on l’entend parfois, un moment divin à saisir.

Et pour nous aujourd’hui, n’y aurait-il pas aussi un « il faut » de Dieu ? N’y aurait-il pas un moment décisif qui pourrait bouleverser complètement notre vie à la manière dont cela s’est passé pour Zachée ? Et s’il y avait un « il faut » que Jésus m’adressait à moi aujourd’hui ? Un moment divin à saisir ?

Cher auditeur, chère auditrice, et si aujourd’hui, Jésus tournait aussi le regard vers toi ?

 

Noémie Rakotoarison :

Mais pour bien comprendre, demandons-nous : Qui est Zachée ? C’est un collecteur d’impôts, nous dit le texte de Luc. Il est considéré comme un pécheur et il est mal aimé des gens de son temps. C’est vrai qu’il n’est sûrement pas honnête à tous les coups…

Zachée, tout le monde doit le connaître à Jéricho, comme on se connaît encore bien aujourd’hui dans certains villages. Et tout le monde le déteste. On se demande même si le texte fait mention de sa petite taille pour signifier encore combien il a peu d’importance aux yeux des autres. Alors ce jour-là, je peux l’imaginer dans la foule, Zachée, intentionnellement bousculé, hué, évité. Et trop petit pour voir Jésus. Alors, il monte dans cet arbre !

Lorsque Jésus passe, il lève les yeux et l’aperçoit. Mais j’imagine que si Zachée avait été en bas, Jésus aurait plutôt baissé les yeux.

Lorsqu’arrive le « il faut » de Dieu, où que nous soyons, Dieu pose son regard sur nous.

Les limites personnelles de Zachée – sa petite taille, sa réputation – n’empêchent pas Jésus de le voir et de s’arrêter pour le rencontrer. De même, nos limites personnelles ne nous écartent pas de la grâce de Dieu.

Accueillons le regard que Jésus pose sur nous ce matin. Saisissons le « il faut » que Dieu nous adresse. « Il faut que je loge chez toi aujourd’hui. »

 

Tojo :

Mais qu’est-ce qui anime Zachée ce jour-là ? S’il fait autant d’efforts pour voir Jésus, c’est qu’il y a dans son cœur une soif. Est-ce simplement de la curiosité ou y a-t-il quelque chose de plus profond : Le désir de voir sa vie changer ? Celui d’être tiré d’une certaine condition qu’il subit ?

Dans tous les cas, la soif est telle que Zachée ne se laisse pas décourager par sa petite taille ; cette petite taille qui l’empêche de voir Jésus par-dessus la foule. Il court, il  grimpe et affronte tous les obstacles qui se tiennent entre lui et cet étrange rabbi. Il brave même le ridicule : déjà petit, voilà qu’il monte sur un arbre, comme un enfant ! De quoi éveiller plus d’un sourire moqueur parmi la foule ! Mais rien n’arrête Zachée !

Et pour nous ? Quelle est notre soif, notre faim aujourd’hui ?

Si Jésus traversait notre ville, notre village, s’il passait par notre quartier, par notre immeuble, par notre EMS, par notre institut, par notre prison, par notre Église… aurions-nous soif de le voir ? De le découvrir ? D’apprendre quelque chose de lui ?

Dans nos journées, dans nos vies et selon ce que nous traversons, nous pouvons placer nos espérances dans des personnes. On le voit par exemple, lorsque d’immenses espoirs sont placés sur telle ou telle personnalité politique lorsqu’elle est élue. Inversement, nous pouvons voir la déception que cela entraîne lorsqu’elle ne l’est pas !

A d’autres moments, nous pouvons placer nos espérances dans une nouvelle situation personnelle ou professionnelle.

 

Noémie :

L’histoire de Zachée nous invite à croire qu’il y a une espérance en Jésus. Il y a une soif qu’il est le seul à pouvoir étancher. Pouvons-nous croire qu’il pose son regard sur nous ce matin ? Qu’il a encore quelque chose à nous apprendre, à nous faire découvrir de son amour ? Et que cet amour peut encore bouleverser notre vie ?

Zachée avait soif, et si, nous aussi, nous avons soif ; si, comme Zachée, nous avons ce désir de voir le Seigneur, nous le découvrirons tout proche de nous. 

Ce qui est encourageant, c’est que où que nous soyons ce matin – ici dans ce temple, ou chez nous, en voiture ou à la maison – Jésus n’est pas loin. Sommes-nous en haut ? Il lève les yeux. Sommes-nous en bas ? Il baisse les yeux.

 

Tojo :

Mais que voit Jésus lorsqu’il nous regarde ? Dans son amour et sa compassion, quelle parole a-t-il pour nous ?

 

Deuxième partie

Tojo :

« Dépêche-toi de descendre, Zachée, car il faut que je loge chez toi aujourd'hui ! » Zachée se dépêche de descendre du sycomore. Il se tient au milieu de la foule. Rempli de joie, il est prêt à recevoir Jésus chez lui.

En regardant Zachée, les gens voient en lui un « pécheur ». Nous l’avons entendu dans le texte de l’évangile : tous critiquent Jésus et disent : « Cet homme est allé loger chez un pécheur. » La maison de Zachée est une maison où, pour eux, il ne fait pas bon d’entrer à cause de l’homme qui y réside.

Ses compatriotes voient un pécheur, mais Jésus, que voit-il ? Qui voit-il ? Il ne s’arrête pas à ce que les gens voient.

Ici, il voit un homme rempli de joie, heureux de l’accueillir chez lui. Il voit en lui un de ceux qu’il est venu chercher et sauver, car comme il le dit : « Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »

Alors, aujourd’hui, c’est chez cet homme mal-aimé mais assoiffé, un des perdus d’Israël, que Jésus va s’inviter.

Cette visite inattendue de Jésus – ce « il faut » de Dieu – Zachée va la saisir au vol aujourd’hui. Il va accueillir Jésus :

- accueillir son regard d’amour et de compassion,
- accueillir Jésus lui-même, en l’invitant chez lui,
- accueillir une manière nouvelle de vivre – nous pourrions dire, une vie nouvelle.

Cette nouvelle manière de vivre va se manifester dans sa posture : il se tient debout, devant Jésus. Se tenir debout devant Dieu dans les textes bibliques, c’est être disponible et prêt à le servir.

Nous avons entendu au cours de ce culte ce chant qui disait :

« Bénissez le Seigneur,
Vous tous serviteurs du Seigneur
Qui vous tenez dans la maison de Dieu
Durant les heures de la nuit ! »

Se tenir devant le Seigneur, c’est être prêt à l’écouter et à le servir là où il nous envoie !

Cette nouvelle manière de vivre de Zachée va se manifester aussi par ses paroles et son engagement. Il se tient prêt à donner la moitié de ses biens aux pauvres, et rendre quatre fois ce qu’il a pu prendre en trop.

 

Noémie :

Qu’en est-il pour nous aujourd’hui ? En posant le regard sur nous, quel homme, quelle femme Jésus voit-il ? Le regard de Jésus n’est pas celui de nos semblables. Il ne s’arrête pas à ce qui fascine ou dérange les êtres humains. Il voit beaucoup plus loin. Son regard est plein d’amour, de justice, de compassion et de miséricorde. C’est chez nous qu’il veut loger aujourd’hui. Qu’allons-nous faire ?

Accueillons son regard d’amour et de compassion, invitons Jésus dans notre maison, la maison de notre vie et ses pièces : celles qui sont bien rangées, mais également celles qui sont en désordre, celles qui sont panossées et celles qui sont pleines de toiles d’araignées ; celles que nous montrons à tout le monde et celles que nous gardons rien que pour nous.

En laissant entrer le Christ, le Seigneur, dans nos vies, que son amour, sa compassion éveille en nous le désir de nous lever, de nous tenir à son service.

Que sa visite transforme nos pensées, nos paroles, nos actes envers les autres et envers nous-mêmes pour les remplir de Son amour !

Alors comme Zachée, notre joie débordera pour le Seigneur qui vient à nous !

Amen !

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Les Evangiles nous parlent à bien des reprises de personnes qui cherchent à rencontrer Jésus. Mais il arrive aussi que Jésus s’invite! Comme chez Zachée.

Que se passerait-il si Jésus faisait irruption dans notre quotidien? Que trouverait-il chez nous? Comment sortirons-nous de cette rencontre?

Le Christ nous présente l’image d’un Dieu qui désire entrer chez nous et nous offrir une nouvelle liberté.

Détails

Co-célébrant
Noémie Rakotoarison
Intervenants
Paulette Reymond pour les lectures
Organiste
Musiciens
Katia Occhipinti à la flûte traversière, Joëlle Badoux au violon, Rita Karlen à la guitare et au chant, Michel Karlen et Sonia Aubert au chant.

La chorale "Grain de Phonie" sous la direction d'Alain Favre.