Croyez et ne cherchez pas de preuve

Eglise Saint-Paul, Lausanne (©Flickr/Matthieu Valentin)

Écouter le culte :

Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

Après le sabbat, la vie reprend son cours normal. Nous sommes le samedi soir et la première étoile apparaît dans le ciel : c’est la fin du jour sacré. Avant la nuit profonde, les magasins ouvrent de nouveau. Tout le monde s’affaire. C’est à ce moment que trois femmes qui ont assisté à la mort de Jésus achètent des aromates pour la toilette du corps de Jésus qui, faute de temps, n’a pu être faite.

Alors que des ténèbres s’étaient abattues dans le pays en plein midi le jour de la mort de Jésus, le jour de la résurrection est un jour nouveau. Le contraste est manifeste. C’est la naissance d’une ère nouvelle comme le matin de la création : c’est un nouveau commencement du monde qui s’annonce. Le sabbat ayant conclu l’ancien monde, voici venu la nouveauté, dimanche, dies dominica : le jour du Seigneur.

L’aube nouvelle précède ces trois femmes, dont le souci reste d’aller rendre un dernier devoir au mort de l’avant-veille. Pourquoi ne se sont-elles pas posées la question plus tôt de l’impossibilité pour elles d’accéder au tombeau à cause de la grosse pierre qui bouche l’entrée ?

C’est ainsi que la surprise est d’autant plus grande, à leur arrivée, de voir que leur souci a été écarté et leur problème résolu. Une « main invisible » est intervenue qui dépasse les forces humaines : la pierre a été roulée, elle a subi l’action de Dieu lui-même ! Le tombeau ouvert n’est que la première surprise, puisqu’à l’intérieur elles sont accueillies par un jeune homme assis à droite, vêtu de blanc.

Souvenons-nous que dans l’évangile de Marc, lors de l’arrestation de Jésus, un jeune homme s’était échappé en abandonnant le drap (faisant penser à un linceul) qui l’enveloppait entre les mains de ses poursuivants (Marc 14, 51-52). Signe que Jésus allait être dépouillé du moins pour un moment de son habit, de sa gloire et de sa grandeur.

Il allait passer par le creuset de l’épreuve consumant ainsi tout ce qui le recouvre au propre comme au figuré, pour ressortir recouvert de grandeur et de gloire au jour de la résurrection.

Siracide 2, 4-5 : « Tout ce qui t'arrive, accepte-le, et dans les vicissitudes de ton humiliation, sois patient ; car c'est au feu qu'on éprouve l'or, et les hommes agréés au creuset de l'humiliation. »

Vêtu de blanc comme Jésus lors de la transfiguration, le jeune homme considéré ici comme un messager divin, un ange, annonce la Bonne Nouvelle par excellence qui dépasse l’entendement humain : le Crucifié est ressuscité, celui qui est mort d’une manière atroce à la croix est revenu à la vie. Jésus est vivant ! Et cette annonce sera la pierre de touche du contenu du témoignage apostolique de l’enseignement chrétien.

Ce message pascal de la victoire de Jésus sur la mort ne doit pas être tu !

Les femmes sont invitées à le communiquer aux disciples, à Pierre en premier. Tous les disciples sont conviés à se rendre en Galilée où ils sont précédés par le Ressuscité. Galilée, terre de métissage et lieu de départ de la mission de Jésus, est donc le symbole de l’ouverture vers le monde entier. Les disciples sont appelés à une mission de type universel. Mais « saisies de peur » et « hors d’elles-mêmes », les femmes se taisent. C’est ainsi que l’évangéliste nous le raconte.

Soulignons tout de même le paradoxe de l'événement, notons l'humour de Dieu : ce sont les femmes dont il est dit dans la loi que leur témoignage devant un tribunal est nul et ne peut être reçu. Oui, alors que tous les autres disciples ont abandonné le Maître, c'est elles, restées fidèles à Jésus jusqu'au pied de la croix, que Dieu choisit de confier le témoignage le plus bouleversant : le Crucifié est ressuscité !

Comme un retour juste des choses : c'est à elles qu'est réservée la primeur de cette grande et bonne nouvelle : Christ est ressuscité !

Et comment ne pas comprendre ces femmes qui doivent en si peu de temps passer de la tristesse à la surprise, de la surprise à la joie, de la joie à l’étonnement, de l’étonnement au témoignage ? Si nous pouvons avoir de la peine à mesurer la difficulté de passer par ces divers sentiments, reconnaissons qu’il existe un abîme entre les réalités humaines et les manifestations surnaturelles de la puissance de Dieu.

« Être hors de soi » et témoigner, cela peut faire désordre, et nous connaissons tous les dérives auxquelles mène ce genre de spiritualité. Une spiritualité d’exaltation épidermique, convulsive, une spiritualité de la gloire qui ignore les réalités de l’existence, les sentiments humains, les limites et les contingences de la vie réelle.

Une fois cette fièvre retombée, les femmes ont pu témoigner, car sans leur témoignage, les disciples n’auraient rien su et nous-mêmes ne serions pas dépositaires du témoignage de la résurrection du Christ.

La Bonne Nouvelle, « Christ est ressuscité », demeure toujours la plus difficile à proclamer tant cette vérité inouïe défie tout raisonnement. Le tombeau vide comme message fort de Dieu ne peut être reçu que dans la foi nue. C’est l’expérience déroutante qu’ont faite celles et ceux-là mêmes qui ont suivi le Maître au travers de sa Passion et sa Résurrection.

Christ est vivant et nous avec lui !

Amen !

Le récit des femmes revenues du tombeau disait que le Christ est ressuscité. Plutôt que de croire, les disciples se sont précipités au sépulcre pour vérifier: le tombeau était vide.

Détails

Intervenants
Béatrice Monnet pour les lectures
Organiste
Denis Fedorov
Musiciens
Jennifer Puati et Roger Puati au chant, avec Denis Fedorov au piano